mercredi 28 janvier 2009

Adieu

dans mon secteur d'activités il y a des patients auxquels vous êtes plus attachés que d'autres, pour plusieurs raisons, il y a ce que les psy appellent les transferts, en jargon technique et puis simplement quand vous suivez le parcours de quelqu'un pendant plus de dix ans, ben on a beau être professionnel , un lien se crée. C'est d'ailleurs l'essence du travail, arriver à créer ce qu'ils appellent une alliance thérapeutique. Je me rappelle de lui, il devait avoir mon âge quand je l'ai connu, au centre. Le fait d'être jeune faisait qu'il arrivait plus a parler avec moi, et le fait qu'il soit passionné de musique m'a aidé à créer cette fameuse alliance. Je l'ai revu quelques années après, des hauts, des bas et finalement la rechute, je me rappelle de ce dragon tatoué sur son avant bras, je me souviens de son mal être mais aussi de son envie de ne plus galérer, je l'avais aider à repartir, a trouver un logement . Je l'ai revu l'année dernière en ville, j'avais des nouvelles régulièrement car je travaillais avec sa psy. Ce jour la il m'a souris, m'a présenté fièrement à sa soeur en lui disant tout le bien qu'il pensait de moi, me disant qu'il avait toujours une cassette d'un pirate de u2 que je lui avais recopié et qu'a chaque fois qu'il l'écoutait il repensait à nos entretiens,mais tout le mérite lui revenait, il avait réussi a rebondir malgré les galères, les décès de proches. Deux mois avant que je parte de la boite à fous, il est venu me voir la bas, après un entretien avec sa psy, sachant que je bossais du soir il lui avait demandé s'il pouvait venir. Elle l'encouragea a le faire et je fus vraiment ravi de le voir en entretien, il me raconta ses deniers périples sa rage de s'en sortir alors qu'il venait d'être frappé par la pire chose qui pouvait lui arriver: il venait de perdre son fils de 16 ans qui s'était suicidé chez lui, avec son traitement. Nous restâmes 45 minutes a discuter, il était en train de rebondir, il allait enfin partir de cette région, laisser tous ces morts derrière lui et recommencer à vivre ailleurs. Je l'ai recroisé une fois dans auxerre j'étais avec karine, c'était la veille de son départ et je lui souhaitais le meilleur pour la suite.
Je n'ai plus eu de nouvelles jusqu'à aujourd'hui ou j'ai appris qu'il avait mis fin à ses jours dimanche ne supportant plus le poids de ses douleurs. Chienne de vie
Adieu frédéric.

Aucun commentaire: