Que de souvenirs tout à coup. Il avait fallut que je me rende chez eux l'année dernière, cela faisait si longtemps. Pensez donc les derniers souvenirs ou photos remontaient a ma communion ( oui, oui, on ne rit pas dans le fond!). Il m'avait offert Le cadeau magique: un radio réveil! mais attention hein, à l'époque c'était fabuleux, il était énorme lâchait un cri strident en guise d'alarme et surtout il avait la radio. Ma première finalement. Et ce fut grâce a ce radio réveil que je découvrais zegut, wango tango, les nocturnes, une grande partie du matériau qui me fut utile pour forger ma culture musicale. Quand je remonte encore l'escalier des souvenirs, je me revois chez lui, a Savigny dans cette magnifique demeure, ses quatre enfants ( les deux derniers arriveraient après), attablés avec moi, ses conflits avec son fils aîné que je trouvais fascinant car il dessinait de la bd et jouait de la guitare électrique. Encore un étage et je revois la maison d'Epizy, les après midi passées avec ses enfants a jouer, a faire ce que font des gosses de 7 a 10 ans. Ce sentiment curieux de différence: pourquoi vouvoyaient-ils leurs parents? ce monde a la fois nanti et bohème. Et puis les années ont passées, après la vente de la belle maison d'epizy je suis allé une ou deux fois a savigny et puis plus rien. Ou plutôt si, une sorte d'accord tacite avec mon parrain: tu me donnes de tes nouvelles, une carte de bonne année et moi je t'enverrais a chaque anniversaire un cadeau. J'adorais ce principe et tous les ans, faisant mon "devoir" j'attendais impatiemment ce qu'il avait choisi. C'était toujours original et bien à propos. Puis le temps s'est écoulé, les bons principes ce sont perdus et nous aussi. Ce ne fut pas sans émotions que je le retrouvais alors l'année dernière. Pour moi il n'avait pas changé, oh bien sur il y avait son cancer mais il se battait et elle, son épouse était si confiante! en aparté il finit par me dire:"je n'ai pas été un bon parrain" je lui répondis que je n'avais pas été un très bon filleul. Je repartais de Savigny avec cette image d'eux me disant que j'allais enfin me remuer et faire ce que je projetais depuis déjà quelques années: lui écrire pour lui donner de mes nouvelles mais cette fois en attendant rien en retour. Et puis il y a deux semaines tout s'est dégradé.Le crabe, encore et toujours, avait fini par prendre le dessus. Alors aujourd'hui je lui ai dit au revoir a ma façon, quand je suis arrivé au cimetière, les voir tous là, trente ans après....
Elle se tenait entourée de ses enfants, debout proche de cette tombe, des fleurs dans les mains, elle m' a vu et m'a sourit comme si elle était heureuse que je sois là. Je me suis avancé, je l'ai embrassé, pris une fleur que j'ai jeté dans le caveau sur ce cercueil déjà déposé a quatre ou cinq mètres sous terre, peu importe. J'ai salué un de ses fils, il a eu des mots réconfortant, je me suis excusé de ne pouvoir rester, lui ai demandé d'embrasser encore sa mère pour moi et je suis parti sans un regard en arrière, pas eu le courage de me retrouver au milieu d'eux pour la suite. C'était ma façon de te dire adieu.
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